Présentes, Galerie Idéale, 11, rue d’Athènes, Paris 

Le Monde

Philippe Dagen, publié le 28 février 2026  

 

Anne Rochette n’abuse pas des expositions. Celle-ci est la première dans une galerie parisienne depuis 2004. Ce délai excessif a cependant un avantage: l’œuvre de la sculptrice est ici montrée dans la diversité de ses formes et techniques. Le corps en est le sujet principal, tantôt explicitement figuré, tantôt concentré en peu de volumes. De la première solution relève sa terrible Penthésilée #II, torse et hanches de douce terre cuite blanche déchirés par une longue plaie écarlate verticale et hissés sur des tréteaux comme pour un supplice. En relève aussi De mes seules mains (pour ma mère), allégorie du deuil en deux bras pendants et deux mains vides.
Ou, dans une tonalité moins tragique, L’Ane (autoportrait), où une tête d’âne est placée sur un buste féminin, stèle entre autodérision et revendication qui aurait plu à Louise Bourgeois (1911-2010). Plus proches d’une abstraction biomorphique classique, née avec Brancusi et Arp, masques ou médaillons font apparaître des visages sur les murs. Ces œuvres se distinguent par leur présence à la fois impérieuse et silencieuse. S’y ajoutent des aquarelles aux motifs entre organique et végétal, magnifiés par leurs couleurs.

It sounds like a whisper

anne rochette – éditions École nationale supérieure des beaux-arts de Paris

Julie Crenn, 2023

 

Don’t you know
Talking about a revolution?
It sounds like a whisper…
Tracy Chapman – Talkin’ Bout a Revolution (1988)

 

La date de 1982 est déterminante non seulement dans la trajectoire de vie d’Anne Rochette, mais aussi dans ses choix plastiques. Anecdote, c’est aussi l’année de ma naissance. Attachée aux signes, je vois en cette date la conjonction de rencontres présentes et futures. La rencontre entre Anne Rochette et les œuvres de Louise Bourgeois se fait en 1982 dans les salles d’exposition du MoMA. Les deux artistes vivent et travaillent à New York. Quarante-six ans séparent leurs naissances respectives. […]
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À Bourges, deux artistes explorent le « pouvoir-du-dedans »

Revue Esprit

Mikaël Faujour, septembre 2024  

 

Aquarelle, plastique céramique de grandes dimensions, dessin in situ, son art évolue entre abstraction biomorphique et figuration, explorant les territoires fluides et incertains du rêve, du merveilleux, du fantastique. Il entre une part d’enfance teintée d’inquiétude, en particulier dans ses créatures de céramique entre Barbapapa, fantômes et totems. Voici trois personnages dotés de jambes humaines… […]
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De l’antithèse à l’oxymore ; le corps humain en liaison.

Noir Carmin, Laboratoire de la création

Makki Cappe, 2022  

 

Il est des objets qui ne renvoient qu’à l’espace, quant à les voir ils n’ont que leur surface à répéter. Il est à l’inverse des objets qui trouent l’espace de temps pluriels ajustés, quant à les voir leur puissance nie le silence inanimé. Du mystère au symbole, le monochrome brut résiste comme un totem barbare. […]
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PAR TERRE

Camille Saint-Jacques, carnet Tous de lopins, 2016

 

À peine entré dans l’atelier d’Anne Rochette, j’aperçois la silhouette massive d’un homme nu en terre, un peu plus grand que nature. Au milieu des autres sculptures la forme est imposante. Posée sur des palettes, elle est coupée en deux au niveau du ventre afin de pouvoir être enfournée. La terre noire repose. Elle sèche mais, encore humide, elle semble respirer. […]
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